Pages

▼

25 septembre 2026

On Connait la Chanson (Vol 22)

Les fortes chaleurs de l'été s'éloignent enfin pour laisser place aux premières fraîcheurs de l'automne. Face à une actualité souvent morose, la musique reste notre plus bel abri : quoi de mieux que le jazz et la chaleur des instruments acoustiques pour se requinquer ? Au programme de ce nouveau volume de On Connaît la Chanson : du jazz décalé, du blues et des hits métamorphosés...

De quoi attaquer la saison avec le sourire et une belle énergie.

Je tente une nouvelle présentation pour ce volume 22, qu'en pensez vous ? pratique ou pas ?

19 septembre 2026

Les Petites Souris... Vertes

Séduit dès la sortie en 1968 de « Little Green Apples » par la simplicité du morceau, Frank Sinatra l'enregistre immédiatement sur son album Cycles et l'interprète dans ses émissions de télévision, l'élevant au rang de standard américain. Quelques mois auparavant, Roger Miller avait été le premier à chanter cette composition de Bobby Russell. Mais c'est la version d'O.C. Smith, venu du jazz et de la soul, qui fait exploser le morceau à l'international (n° 2 des classements Pop et R&B, disque d'or). En s'écartant de la country traditionnelle, ce mélange country-soul représentait une vraie prise de risque pour l'époque.

 Vous retrouverez ici quelques magnifiques voix au service de ces mots d'amour simples, directement inspirés de la routine quotidienne.

Évidemment, la France ne pouvait pas passer à côté d'un tel succès américain. En 1969, Pierre Delanoë tente de poser des mots français sur la mélodie en effaçant toutes les références à la culture US. Intitulée « Les Petites Souris », l'adaptation peine à convaincre et s'empêtre un peu dans son titre ; ce n'est pas la voix de Claude François qui parviendra à faire décoller le morceau.

L'année suivante, Sacha Distel s'essaie à son tour sur ces mots légèrement retouchés par Delanoë, et le titre devient « Si ce n'est pas de l'amour ». En 1970 au Canada, Marie-France Aquin chante « Rien de plus facile », toujours sur le texte de Delanoë. C'est peut-être l'adaptation francophone la plus aboutie, même si je ne peux malheureusement pas vous proposer ce disque aujourd'hui.

Enfin, je ne résiste pas au plaisir de vous partager la version espagnole de Julio Iglesias enregistrée en 1970 : « Pequeñas Manzanas Verdes ».

En espérant que vous trouviez la version qui vous plaît à travers ces différentes voix et époques !

1969 Claude François – Les petites souris

12 septembre 2026

Pourquoi ?

Pourquoi, je mets les petites souris entre parenthèses ? pour vous présenter une chanson de « la Fille aux yeux d'or »,... c'est plus agréable que des mitraillettes par les temps qui courent !

En 1979 sort l'album Moi je voyage, sur lequel figure notamment son tube de 1977, "Il a neigé sur Yesterday". Cependant, c'est sur un autre titre que je souhaite m'arrêter : "Pourquoi", une chanson passée quelque peu inaperçue à l'époque. Sa musique a été composée par Ivano Fossati, sur des paroles françaises de Pierre Grosz. C'est précisément la période au cours de laquelle Fossati partage la vie de Mia Martini. En fouillant dans la discographie de « Mimì », je suis tombé(e) sur la chanson "Vola", sortie en 1978.

Cette période est particulièrement complexe pour Mia Martini. Sa relation avec Fossati est d'une intensité dévorante. Fossati produit et écrit pour elle, mais sa jalousie et son exigence artistique l'amènent à vouloir contrôler ses choix de carrière. Il lui interdit parfois de collaborer avec d'autres auteurs, ce qui crée d'immenses tensions et provoque la rupture de la chanteuse avec sa maison de disques, Dischi Ricordi. De plus, à cette époque, la voix de Mia Martini change à jamais. Atteinte de nodules aux cordes vocales, elle doit subir deux opérations chirurgicales délicates en peu de temps. À la suite de cette épreuve, elle perd son registre aigu et cristallin des débuts pour acquérir un timbre rauque, voilé et profondément poignant qui deviendra sa nouvelle signature vocale.

"Vola" ou "Pourquoi" sont deux magnifiques interprétations portées par deux icônes de la chanson, à écouter ou réécouter sans hésiter...

1979 Marie Laforêt – Pourquoi

05 septembre 2026

Un destin tragique

Au vu des statistiques précédentes, ce n'est pas la présentation de cette chanson qui fera monter les vues du site ! J'ai mis en attente quelques « petites souris » pour vous proposer "J'ai trop besoin de toi" de Georges Ulmer. En 2024, un lecteur anonyme en avait fait la demande. Or, tout récemment, je suis tombé sur ce disque… J'espère qu'il se reconnaîtra !

Georges Ulmer est d'origine danoise, mais il s'est si bien assimilé qu'il est devenu l'un des symboles sonores du Paris de l'après-guerre. Il a d'ailleurs été décoré à la fin de sa vie de l'Ordre du Dannebrog par la reine du Danemark. Comme beaucoup de chanteurs de sa génération face à l'essor du rock 'n' roll et du R&B, il a adapté plusieurs tubes anglophones pour le marché francophone, comme celui-ci.

 "What Am I Living For" à l'origine, est une chanson de Chuck Willis. Dans cette ballade sentimentale, le chanteur exprime sa dévotion absolue, affirmant que sa vie n'a aucun sens sans la personne qu'il aime.

Le morceau sort au début de l'année 1958 en face A d'un single dont la face B s'intitule… "Hang Up My Rock and Roll Shoes" (« Raccrocher mes chaussures de rock 'n' roll »). Le 10 avril 1958, alors que le disque commence à monter dans les classements, Chuck Willis meurt subitement d'une péritonite à l'âge de 31 ans. L'association de ces deux titres — l'un s'interrogeant sur le sens de la vie et l'autre annonçant la fin de sa carrière — prend une tournure prophétique qui bouleverse le public et propulse le morceau à la première place des classements R&B de façon posthume.

Ce nouveau rythme en inspirera bien d'autres au début des années 1960, à l'image du célèbre "When a Man Loves a Woman"de Percy Sledge. Ce morceau est également l'occasion d'écouter quelques voix que j'apprécie particulièrement : Conway Twitty, Wanda Jackson, Solomon Burke, Sleepy La Beef, Van Morrison…

Je vous laisse les découvrir ou les redécouvrir.

1960 Georges Ulmer – J'ai trop besoin de toi