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05 septembre 2026

Un destin tragique

Au vu des statistiques précédentes, ce n'est pas la présentation de cette chanson qui fera monter les vues du site ! J'ai mis en attente quelques « petites souris » pour vous proposer "J'ai trop besoin de toi" de Georges Ulmer. En 2024, un lecteur anonyme en avait fait la demande. Or, tout récemment, je suis tombé sur ce disque… J'espère qu'il se reconnaîtra !

Georges Ulmer est d'origine danoise, mais il s'est si bien assimilé qu'il est devenu l'un des symboles sonores du Paris de l'après-guerre. Il a d'ailleurs été décoré à la fin de sa vie de l'Ordre du Dannebrog par la reine du Danemark. Comme beaucoup de chanteurs de sa génération face à l'essor du rock 'n' roll et du R&B, il a adapté plusieurs tubes anglophones pour le marché francophone, comme celle-ci.

 "What Am I Living For" à l'origine, est une chanson de Chuck Willis. Dans cette ballade sentimentale, le chanteur exprime sa dévotion absolue, affirmant que sa vie n'a aucun sens sans la personne qu'il aime.

Le morceau sort au début de l'année 1958 en face A d'un single dont la face B s'intitule… "Hang Up My Rock and Roll Shoes" (« Raccrocher mes chaussures de rock 'n' roll »). Le 10 avril 1958, alors que le disque commence à monter dans les classements, Chuck Willis meurt subitement d'une péritonite à l'âge de 31 ans. L'association de ces deux titres — l'un s'interrogeant sur le sens de la vie et l'autre annonçant la fin de sa carrière — prend une tournure prophétique qui bouleverse le public et propulse le morceau à la première place des classements R&B de façon posthume.

Ce nouveau rythme en inspirera bien d'autres au début des années 1960, à l'image du célèbre "When a Man Loves a Woman"de Percy Sledge. Ce morceau est également l'occasion d'écouter quelques voix que j'apprécie particulièrement : Conway Twitty, Wanda Jackson, Solomon BurkeSleepy La Beef, Van Morrison

Je vous laisse les découvrir ou les redécouvrir.

1960 Georges Ulmer – J'ai trop besoin de toi

02 mars 2026

Stupid Baby (Hommage à Neil)

En 1958, Neil Sedaka n'est pas encore la star internationale que l'on connaît. Il forme alors un duo de compositeurs avec son ami d'enfance, Howard Greenfield. À l'époque, ils cherchent désespérément à placer leurs chansons auprès d'artistes établis.

Connie Francis est alors la "reine de la pop" aux États-Unis, mais elle cherche un nouveau souffle après le succès de Who's Sorry Now?. Sedaka et Greenfield se rendent chez elle pour lui proposer des ballades romantiques. Ils lui jouent plusieurs morceaux au piano, mais Connie s'ennuie fermement ; elle les trouve trop "propres" et pas assez percutants. C'est à ce moment que Neil Sedaka, un peu dépité, décide de jouer un titre qu'il avait écrit pour un groupe de Doo-wop : un morceau beaucoup plus rythmé et léger intitulé "Stupid Cupid".

Sortie à l'été 1958, la version de Connie Francis devient un immense succès :

  • Elle atteint le Top 15 aux États-Unis.
  • Elle se classe Numéro 1 au Royaume-Uni pendant six semaines.
  • Elle propulse la carrière de Neil Sedaka en tant qu'auteur "bancable", lui permettant de lancer sa propre carrière de chanteur peu de temps après. Il enregistrera d'ailleurs sa propre version de "Stupid Cupid" l'année suivante sur son premier album.

Pendant ce temps, en France, le Rock n'en est qu'à ses balbutiements. Les pionniers s'appellent Mac Kac, Magali Noël, Henri "Salvador" Cording, Jacques Hélian ou encore Peb Roc. Cette année-là, quelques jeunes hommes tels que Claude Piron, Danyel Gérard, Gabriel Dalar ou Richard Anthony donnent un coup de fouet au genre.

C'est ainsi qu'en 1958, Richard Anthony adapte le tube de Connie... mais avec des paroles totalement différentes. La chanson devient "Betty Baby". Richard avait déjà cette oreille absolue pour repérer quel titre américain ferait un carton dans l'Hexagone ; "Betty Baby" fut son tout premier galop d'essai dans cet exercice.

Enfin selon mes connaissances, en 1966, Chantal Vallee chante "tu me plais". Cependant cette version est resté réservé aux grands espaces Canadiens. Au fil du temps, plusieurs versions ont retenu mon attention. Aujourd'hui, je vous conseille tout particulièrement celle de Robert Palmer, enregistrée en 2003.

1958 Richard Anthony - Betty Baby

1958 Richard Anthony - Betty Baby

30 janvier 2022

Les Pionnières du Rock' n' Roll (Version Blanchie)

Le rock'n'roll est né aux USA débuts des années 50, notamment grâce aux studios Sun ou encore Imperial Records. Pour la France, les premiers "Rock" sont des parodies écrites par Boris Vian, chantées par Henry Cording Alias Henri Salvador. Toujours en 1956, Jacques Helian adapte "Rock around the Clock", puis suivront les enregistrements de 1958 de Claude Piron ou Danyel Gérard. Johnny "Rock" Feller alias Jean Yanne enregistre en 1962 "J'aime pas le Rock'n'Roll", bien après les premiers enregistrements de Johnny Hallyday, Eddy Mitchell et autres...

Line Renaud est régulièrement omise dans cette petite histoire du Rock'n'Roll en France, sauf quand elle est citée pour être la marraine "artistique" de Johnny Hallyday. Pourtant en 1956, elle reprend un premier "Rock" chanté aux USA par LaVern Baker en 1954 : "Tweedle Dee". "Mon mari est merveilleux" apparait sur l'EP suivant, et confirme l'envie de la jeune Line Renaud d'enregistrer du Rock'n'Roll.

Connie Francis, Pat Boone, Ike et Tina Turner, Wanda Jackson... enregistrerons "Tweedle Dee" en cette fin d'année 50 et début des années 60. 

Elvis Presley sur scène, chante également ce titre dans les années 50, d'ailleurs je trouve que le "Viva las Vegas" sorti en 1964 s'inspire du rythme de "Tweedle Dee".

PS : La version de Ike et Tina Turner est un inédit qui est ressorti en 1988, mais je n'ai pas retrouvé la date véritable de l'enregistrement.


1954 LaVern Baker - Tweedle Dee (With The Gliders)