"Won't Get Fooled Again" est un hymne des Who qui a une histoire singulière. Contrairement à ce que l'on pourrait croire, ce n'est pas un appel à la révolution, mais plutôt une mise en garde contre celle-ci. 1971 marque la fin du mouvement hippie et le début du désenchantement avec le départ de Janis Joplin, Jim Morrison, Jimi Hendrix, la séparation des Beatles, mais aussi avec les meurtres de Sharon Tate commandités par Charles Manson. C'est justement ce qui donne sa force au titre : c'est le bilan amer de l'échec des utopies des années 60.
La chanson devait être le point culminant de "Lifehouse", l'opéra-rock avorté de Pete Townshend. Townshend a écrit ce titre après avoir observé les mouvements contestataires de la fin des années 60. Son message est clair : "Renverser un dictateur pour le remplacer par un nouveau qui fera la même chose ne sert à rien." D'où la phrase : “Meet the new boss, same as the old boss.”
C'est l'un des premiers morceaux de rock à intégrer le synthétiseur au sein de l'orchestration. Pete Townshend a programmé celui-ci pour qu'il suive un rythme spécifique, sur lequel le groupe devait jouer en direct. Keith Moon s'éclate à la batterie ! même s'il était connu pour son jeu imprévisible, il devait rester parfaitement calé sur la machine.
Si le titre a marqué l'histoire du rock, il a trouvé une seconde vie inattendue en devenant le générique de la série "Les Experts : Miami", associée au geste iconique d'Horatio Caine mettant ses lunettes de soleil.
Il n'est pas étonnant de retrouver une adaptation du titre dans la discographie de Louis Bertignac, fan absolu des Who et de Pete Townshend. Sa version, intitulée "Ma Gueule", est sortie en 2018 sur l'album Origines. Il a fait le choix de supprimer le synthétiseur pour garder l'esprit pur du rock.




Cet article intéressant m'a permis de découvrir ce titre des Who. Étonnant ce synthé quasi psychédélique en début et fin de morceau. Et puis les chansons à texte, c'est quand même plus intéressant que les "je t'aime, je t'aime"...
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