Le début des années 80 marque un tournant pour le Brésil. Alors que le pays sort péniblement des années de dictature militaire, une icône rousse, Rita Lee, lâche une bombe musicale : "Lança Perfume".
C’est un véritable cri de ralliement pour la liberté sexuelle et festive. Le titre lui-même est une provocation : le lança-perfume était à l'origine un solvant à base d’éther, vaporisé durant le carnaval de Rio pour ses vertus euphorisantes avant d'être interdit. Cette ivresse chimique infuse chaque mot du texte, notamment le célèbre : « Me vira de ponta-cabeça / Me faz de gato e sapato » (Retourne-moi la tête / Fais de moi ce que tu veux).
Face à ce raz-de-marée rythmique, Henri Salvador ose une adaptation, toujours à l’affût pour reconquérir son public en ce début de décennie. Le titre devient "Question de choix" en 1981.
Mais attention, Salvador ne traduit pas, il adapte. Là où Rita Lee célébrait l'abandon des sens et l'extase, Henri préfère explorer les méandres de l’indécision amoureuse. Le refrain délaisse la sueur du carnaval pour le feutré du dilemme : « C'est une question de choix / On ne sait jamais par où commencer ».
Si l'élégance de Salvador et sa capacité à « franciser » la chaleur brésilienne forcent le respect, le cœur du morceau semble rester de l'autre côté de l'Atlantique. Entre la retenue d'un dilemme sentimental et l'ivresse brute d'un soir de fête à Rio, mon cœur ne balance pas : je choisis sans hésiter la folie libératrice de Rita Lee.
Et vous, plutôt réflexion ou déraison ?
Bonne écoute !

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