27 février 2026

Pas de lait aujourd'hui !

Aujourd'hui, je vous propose de replonger dans un hit planétaire de la fin de l'année 1966. L’histoire commence avec un jeune homme de 18 ans, Graham Gouldman. Avant de devenir le pilier de 10cc, le prodige propose sa composition aux Hollies, qui refusent "No Milk Today". C’est finalement le groupe Herman’s Hermits, porté par son leader Peter Noone, qui s'en empare. Le succès est immédiat, lançant définitivement la carrière de Gouldman comme compositeur de génie.

L'inspiration lui est venue d'une image banale mais évocatrice : une bouteille de lait vide devant la maison de son père, accompagnée d'un petit mot : "Pas de lait aujourd'hui". Pour Gouldman, ce signe domestique devient le symbole d'une rupture : la maison n'est plus un foyer, car l'être aimé est parti.

Le jeu des adaptations : du lait au Beaujolais

Comme tout tube interplanétaire, "No Milk Today" a engendré une foule de reprises. Si certaines relèvent de l'opportunisme, d'autres constituent de véritables curiosités. Précisons toutefois que certaines de ces versions sont si rares que je ne les possède pas moi-même. (Deno et Garçons Boucher)

L'incontournable Frank Alamo (1967) : C’est sans doute la version la plus célèbre chez nous. Intitulée "À travers les carreaux", elle s'éloigne pourtant radicalement de l'histoire originelle de la bouteille de lait.

L’inédit de Dick Rivers : Enregistrée dès 1966, sa version est quasi identique à celle d'Alamo, à un détail près : il chante "barreaux" au lieu de "carreaux". Ce titre est resté dans les cartons jusqu'en 1999.

La parenthèse "Caribou" : On note la version d'Elsa Martinelli qui chantait "Non, pas ce soir" en 1967, ainsi que celle de Martine Deno qui proposait "L'amour s'en va" en 1972, une rareté destinée au public canadien.

Le virage punk-musette : En 1989, Les Garçons Bouchers signent une adaptation très "franchouillarde". Le texte détourne l’original avec humour : "Du Beaujolais pour oublier la nuit où est partie Marie...". Ici, le pinard remplace le lait pour noyer le chagrin.

La touche Henri Dès : Plus surprenant, le chanteur pour enfants a livré en 2005 une adaptation intitulée "Oh oui je sais" sur son album de reprises Polissongs.

Je vous laisse avec ces versions... en ayant pris soin d'écarter celles que j'abhorre mais vous les retrouverez dans le Lien !

Bonne écoute.

1967 Frank Alamo - A travers les carreaux

23 février 2026

On connait la Chanson Vol. 20

Déjà le 20e numéro de cette série « On Connaît La Chanson » !

Pour fêter ça, je vous ai préparé une sélection éclectique : 9 titres en français et un voyage musical à travers plusieurs autres langues.
Mon objectif ? Que chacun d'entre vous reparte avec au moins 3 ou 4 titres dans ses oreilles.

 Il devient de plus en plus difficile de surprendre votre curiosité au fil du temps, mais le défi est relevé !

Bonne écoute à tous.


21 février 2026

Je sais que tu ne peux pas trouver mieux ailleurs

1984 : Johnny Hallyday opère un retour radical aux sources du Rock’n’Roll. Sous l’impulsion d’Antoine de Caunes pour l'émission Les Enfants du Rock, il s'envole pour Nashville. Ce voyage donnera naissance à l’album Drôle de Métier, mais surtout à ce rock : "Je sais que tu ne peux pas trouver mieux ailleurs".

Ce titre est l’adaptation d'une obscure face B de Jeb Stuart datant de 1962, "I Betcha Gonna Like It". Pourtant, à l’écoute du piano omniprésent et frénétique, l’ombre d’un autre géant plane : celle de Jerry Lee Lewis. Le "Killer" avait lui-même gravé sa version en 1967, et la ressemblance avec celle de Johnny est frappante, malgré quasiment les vingt ans qui les séparent.

Pour Johnny Hallyday, ce morceau agit comme un véritable nettoyage d'oreilles après les dérives variétés des années précédentes. En 2008, les Showaddywaddy, toujours en activité à ce jour, enregistrent ce titre, le son est plus lourd mais le rythme est ralenti.


1984 Johnny Hallyday - Je sais que tu ne peux pas trouver mieux ailleurs

15 février 2026

Oh Carol, Oh Neil !

Je souhaite clore ce cycle consacré aux chansons de Neil Sedaka par l'un de ses plus grands succès. En 1959, toujours épris de Carol Klein, une amie qu'il fréquentait durant ses années de lycée, il écrit l'immortel "Oh! Carol". Comme le dit l'adage : malheureux en amour, heureux au... succès !

Avant ce titre, la carrière de Neil Sedaka battait de l'aile. Ses deux précédents singles avaient été des échecs commerciaux et sa maison de disques, RCA, menaçait même de rompre son contrat. Cette chanson fut son véritable "va-tout" et devint son premier Top 10 mondial.

Pourtant, ce triomphe n'eut pas l'effet escompté sur la principale intéressée. Devenue Carole King et suivant les conseils de son mari Gerry Goffin, elle lui répondit avec humour en enregistrant le titre "Oh! Neil". Sur la même mélodie, elle s'y moque gentiment de lui avec des paroles ironiques.

Paradoxalement, malgré l'immense popularité du morceau, les adaptations françaises restent peu nombreuses. En 1960, Claude Piron, l'un des pionniers du rock en France, adapte le titre dans notre langue. Sa maison de disques décide alors de faire évoluer son image pour surfer sur la vague des groupes de rock'n'roll : peu après, Claude Piron change de pseudonyme pour devenir le célèbre Danny Boy, accompagné de ses Pénitents.

En 1966, la chanson traverse à nouveau l'Atlantique pour devenir "Carole", interprétée par les Gendarmes au Canada.

Le succès de "Oh! Carol" fut phénoménal à l'étranger, notamment en Italie et en Espagne, incitant Neil Sedaka et bien d'autres artistes à multiplier les versions internationales. Je vous glisse quelques pépites à l'écoute à travers les époques... et quelques bonus supplémentaires via le lien pour les fans de Carol !

1960 Claude Piron - Oh Carol

09 février 2026

Sous les parapluies

Il y a quelque temps, je confessais ma méconnaissance de la discographie de Rika Zaraï... Et pour être honnête, c’est toujours un peu le cas !

Tout est parti d'un commentaire de "Tonton", qui a rafraîchi ma mémoire sur la carrière de Neil Sedaka. Il m'a rappelé que ce dernier avait opéré un retour fracassant au sommet des charts en 1974 avec cette ballade "Laughter In The Rain". Dès les premières notes du refrain, les souvenirs sont revenus en flèche.

La surprise fut totale lorsque je découvris qu'il existait une adaptation française de ce titre : "Sous les Parapluies", sortie en 1979.

On retrouve cette pépite sur l'album de Rika Zaraï intitulé Dad Li Di. Jusqu'ici, mon souvenir de ce disque se limitait à sa reprise de "Hallelujah" (le titre de Milk and Honey, vainqueur de l'Eurovision cette année-là).

Oubli réparé !

1979 Rika Zaraï - Sous les parapluies

06 février 2026

Laisse les parler

Quand cette chanson sort, Neil Sedaka est au sommet de sa première vague de succès. Cependant, l'année 1963 marque un tournant : c’est l’arrivée de la British Invasion (les Beatles, les Stones). Les artistes tel que Neil Sedaka ont commencé à paraître un peu dépassés. "Let The People Talk" est l'une de ses tentatives pour maintenir sa place dans les charts avant une longue traversée du désert.

En France, c'est Sophie qui découvre la chanson et l'adapte sans faire d'histoires. "Laisse Les Parler" sort donc en 1965 et sera sur l'autre face de son EP.

1965 Sophie - Laisse les Parler

1965 Sophie - Laisse les Parler

02 février 2026

Laisse entrer le Soleil

Laisse entrer le soleil, moi je suis d'accord ! mais la pluie tombe tombe et retombe... Bref ! C'est l'occasion idéale de se souvenir de Nicole Croisille, mais aussi de Richard Anthony.

En 1961 sort sur les ondes "Let the Sunshine In" de Teddy Randazzo... Non, je n'ai pas reçu un gros grêlon sur la tête ! La chanson homonyme qui surgira quelques années plus tard (celle de la comédie musicale Hair) n'a en fait rien à voir.

Les lecteurs les plus chevronnés — ou à barbe blanche, ou les deux ! — se souviennent sûrement de l'adaptation de Richard Anthony, alors au sommet de sa gloire : "Laisse entrer le ciel". Quelques semaines plus tard, c'est une nouvelle venue, Nicole Croisille, qui s'empare à son tour du titre.

À ma connaissance, Richard et Nicole partageront une autre chanson, "Ça tourne rond", avant que leurs carrières ne prennent des chemins différents... mais toujours sous le soleil !

Finalement ensoleillé cette sortie dans les Sixties ?

1961 Teddy Randazzo - Let The Sunshine In

1961 Teddy Randazzo - Let The Sunshine In