La version la plus célèbre de "Iko Iko" est née par pur hasard en 1964. Alors qu'elles étaient en studio, les chanteuses du trio The Dixie Cups ont commencé, lors d'une pause, à entonner "Jock-A-Mo" en s'accompagnant simplement de cendriers et de bâtons de métal sur une table. Leurs producteurs ont enregistré cette session improvisée à leur insu : c’est ainsi qu’est né le tube planétaire, épuré et percutant, que nous connaissons tous.
Pourtant, ses racines plongent loin dans l'histoire de la Nouvelle-Orléans. La chanson s’inspire des rythmes vaudous et créoles, comme en témoigne la version originale de 1954, "Jock-A-Mo", par Sugar Boy and His Cane Cutters. Les paroles décrivent une confrontation entre deux « tribus » rivales de Mardi Gras (la rencontre entre le « Spy Boy » et le « Flag Boy »).
Le titre traverse ensuite l'Atlantique : en 1967, Julie Dassin l’adapte sous le titre "Aïko Aïko (En parlant d'Anna)", une version reprise plus tard par Hugues Aufray en 1973.
En 1988, le groupe The Belle Stars remet le morceau sur le devant de la scène grâce à la bande originale du film Rain Man.
Un grand merci à Fred, qui nous a fait découvrir l'adaptation d'Henri Dès, "Allo Pépé". Un choix surprenant pour une chanson enfantine ! Car derrière ce qui ressemble aujourd'hui à une simple comptine se cache en réalité un hymne guerrier et festif, reflet d'une culture urbaine unique au monde.
1967 Julie D - Aiko Aiko (En parlant d'Anna)