30 janvier 2026

Un coeur dans la nostalgie

Marty Balin était le cofondateur et l'une des voix emblématiques du groupe Jefferson Airplane, puis de Jefferson Starship. Au sein de Jefferson Airplane (1965-1971) il partage le chant avec Grace Slick. Il a écrit ou coécrit des classiques comme "Somebody to Love", "White Rabbit" et "Comin' Back to Me".

Après sa période Jefferson Starship, il sort un album solo en 1981 dans lequel nous trouvons le tube "Hearts". Une mélodie cool, pour l'époque qui ne laisse pas insensible Dalida. La même année elle chante alors "Nostalgie".

En 2023 Salvatore Adamo pour son album "in french please" la chanson ressurgit avec le titre : "Cœur mon cœur".

Marty Balin nous a quittés en septembre 2018 à l'âge de 76 ans.

Dalida - Nostalgie

Dalida - Nostalgie

24 janvier 2026

Un homme ne pleure pas

En cette année 1980, Toto Cutugno continue à saturer les oreilles des français. Pourtant, le public ignore souvent que derrière les tubes d'Hervé Vilard, Dalida, Sheila, Joe Dassin, Michel Sardou ou même Johnny, se cache le génie de Toto.

Cette fois, je vous propose un titre de Ringo : "Un homme ne pleure pas". Dès les premières notes, on reconnaît immédiatement la signature sonore de Toto Cutugno.

Sur l'album "Innamorata, innamorato, innamorati", on retrouve l'original en italien "Innamorati". La force de Cutugno résidait dans sa capacité à composer des mélodies universelles capables de séduire toute l'Europe.

Toto Cutugno nous a quittés le 22 août 2023, à l'âge de 80 ans.


Ringo - Un homme ne pleure pas (1980)

Ringo - Un homme ne pleure pas

18 janvier 2026

L'amour Attend.

En 1967, Steve Winwood quitte le Spencer Davis Group au sommet de sa gloire pour fonder Traffic avec ses complices Jim Capaldi, Chris Wood et Dave Mason. Très attendu par le public, leur premier album, Mr. Fantasy, impose un son novateur. On y découvre notamment le titre "Smiling Phases", une pépite rock progressif qui sera popularisée l'année suivante par Blood, Sweat & Tears.

De son côté, Herbert Léonard, séparé du groupe Les Lionceaux, cherche à s'approprier les rythmes branchés de l'époque. En 1969, il adapte le morceau de Traffic sous le titre "L'amour attend". Porté par cette énergie soul, le chanteur est en pleine ascension avant qu'un grave accident de voiture ne vienne brusquement interrompre son élan.

Herbert Léonard - L'Amour Attend (1969)

Herbert Léonard

10 janvier 2026

Je ne suis rien sans toi

Dans les années 70, au détour de plusieurs shows télévisés, Mireille Mathieu croise la route de Tom Jones. Il faut dire qu'en 1968, elle avait adapté avec brio l'un des succès de celui qu'on surnomme "The Voice" : "Je ne suis rien sans toi".

À la sortie du titre original en novembre 1967, Tom Jones est déjà une immense star internationale, porté par des tubes planétaires comme It's Not Unusual. Il enregistre alors "I'm Coming Home", qui rencontre un succès immédiat et grimpe jusqu'à la deuxième place du UK Singles Chart.

Les Reed, le compositeur de l'original, fut si impressionné par l'interprétation de Mireille Mathieu qu'il choisit de collaborer avec elle sur d'autres titres, consolidant ainsi la carrière internationale de la "Demoiselle d'Avignon".

Place à la musique ...

Mireille Mathieu - Je ne suis rien sans toi (1968)

Mireille Mathieu

01 janvier 2026

Là où fond la banquise...

Dans les années 90, la tendance en France de l'adaptation systématique commençait à s'estomper, afin de privilégier des chansons originales. Ainsi cette chanson de Lisa Stansfield , "In All the Right Places" qui servit de support à la Bande Originale du film "Proposition Indécente" en 1993 fut l'une des rares adaptations de sa discographie. La chanson de Lisa Stansfield parle d'un amour idéal et d'une connexion parfaite. L'expression "In all the right places" suggère que le partenaire sait exactement comment aimer l'autre.

Cependant son adaptation diffère vraiment de l'original. "La Ou Fond La Banquise" utilise la métaphore du dégel et de la nature pour parler d'une fin de règne amoureux. On y évoque la solitude, le froid du cœur et l'attente d'un renouveau après la douleur.

Je vous laisse deviner l'interprète de cette adaptation en lisant la suite de l'article.

Bonne Année à Toutes et Tous !


Lisa Stansfield : In All the Right Places (1993)

45t de Lisa Stansfield In All the Right Places du film Proposition Indécente.

20 décembre 2025

Il revient à la Maison...

Tout commence en 1960. Le pianiste et chanteur de blues Charles Brown écrit et interprète pour la première fois "Please come home for Christmas". Si la chanson connaît un succès d'estime, il faudra patienter 18 ans pour qu'elle trouve enfin le vrai succès.

En 1978, les Eagles s'emparent du titre. Portée par la voix de Don Henley, cette version rock-ballade remet la chanson au goût du jour. Elle s'installe dans le haut des charts et devient la version de référence qui résonne chaque mois de décembre dans les foyers.

Ce regain de popularité inspire un artiste français. L’année suivante, en 1979, Lucky Blondo décide de tenter l’aventure. Il s’envole pour Nashville pour enregistrer un album avec les légendaires Jordanaires (les choristes d'Elvis Presley). Son adaptation française devient "Rendez-vous à Noël".

Malheureusement, malgré la qualité de la production, le public ne suit pas. Ce disque sera, hélas, le dernier album de Lucky Blondo... un adieu teinté de regret pour ce pionnier du rock en France.

Depuis, ce titre est devenu un classique. On retient les versions de James Brown, Johnny Winter, Jon Bon Jovi, ou encore Martina McBride.

Joyeux Noël à Toutes et Tous.

Charles Brown - Please Come Home For Christmas (1960)

Charles Brown - Original 1960

13 décembre 2025

On Connait la Chanson Version 19

Les jours filent, l'agitation monte, et le calendrier nous rappelle que la magie des fêtes de fin d'année est imminente ! Les guirlandes clignotent déjà, les vitrines s'illuminent, et inévitablement, les chansons de Noël commencent leur boucle infinie.

Mais avouons le, si l'esprit festif est bien là, l'overdose de clochettes et de "Petit Papa Noël" peut vite arriver.

Pour patienter jusqu'au Réveillon sans saturer vos tympans de grelots, je vous propose aujourd'hui la 19ème édition de la série "On Connait la Chanson".


07 décembre 2025

Une boite d'allumettes rallume la flamme du Rock

L'histoire de la chanson commence bien avant l'ère du rockabilly. La version la plus ancienne connue remonte à 1927, avec Blind Lemon Jefferson qui enregistre "Match Box Blues". C'était un blues rural classique, avec des paroles se concentrant sur les thèmes de la pauvreté et de la solitude, symbolisées par le fait de ne posséder qu'une boîte d'allumettes ("matchbox") alors tout va bien.

C'est en 1957 que Carl Perkins donne à la chanson la forme la plus célèbre et qui inspira directement les Beatles. Ces derniers ont été de fervents admirateurs du rockabilly et du blues, et Carl Perkins était l'une de leurs idoles. Ils ont repris plusieurs de ses chansons. Ils ont enregistré leur version le 1er juin 1964 pour leur EP Long Tall Sally.

C'est Ringo Starr qui assure le chant principal. À l'origine, le batteur des Beatles, Pete Best, la chantait lorsqu'ils jouaient à Hambourg, car sa mère, Mona Best, avait suggéré la chanson.

En France, la chanson a été popularisée par Johnny Hallyday sous le titre "Un Garçon Sur Ta Route". L'adaptation s'éloigne du thème de la pauvreté et de l'errance de l'original pour se concentrer sur l'histoire d'un homme qui se promet d'être toujours là pour la femme qu'il aime.

Pour un morceau qui ne parle que d'une simple boîte d'allumettes, "Matchbox" a allumé une flamme qui a traversé le temps.

Johnny Hallyday - Rock à Memphis (1975)

33T Johnny Hallyday Rock à Memphis

30 novembre 2025

Je N'en Veux Pas D'autre Que Toi

"I'll Never Find Another You" est une chanson emblématique du groupe folk-pop australien The Seekers. Écrite par Tom Springfield et sortie en décembre 1964, elle fut l'un de leurs plus grands succès internationaux. Le single a connu un succès phénoménal, notamment au Royaume-Uni où il a atteint la première place du UK Singles Chart en février 1965. Il s'est également classé n°4 aux États-Unis.

Fort de ce succès naissant, il n'est pas surprenant de retrouver une adaptation française dans le répertoire de la jeune chanteuse française Sheila. Elle a en effet enregistré une version intitulée "Je N'en Veux Pas D'autre Que Toi", en février 1965.

Quelque mois plus tard les Missiles enregistrent leur version, en juin 1965.

Sheila - Je N'en Veux Pas D'autre Que Toi (1965)

Sheila - Je N'en Veux Pas D'autre Que Toi (1965)

24 novembre 2025

Grosse Galère

La nouvelle est tombée, empreinte d'une grande tristesse : Jimmy Cliff a rejoint l'autre rive, laissant derrière lui son héritage musical. L'artiste jamaïcain, pionnier du reggae et icône mondiale, a achevé son voyage terrestre.

Parmi ses titres légendaires, l'un résonne avec une force particulière en ce jour : "Many Rivers To Cross".

Bien que souvent reprise par de grands noms — de Joe Cocker à Cher —, j'éprouve toujours l'irrépressible besoin de revenir à la source.

Étonnamment, à ma connaissance il existe une seule adaptation en langue française, en 1987, la chanteuse Julie Pietri a proposé une version. Sur son album "Le premier jour", elle a livré "Trop d'années à vivre".

Cependant le sentiment qui nous habite aujourd'hui, face au départ de Jimmy Cliff, est que trop, ce n'est malheureusement pas assez.

Jimmy Cliff - Many Rivers To Cross (1969)

Jimmy Cliff - Many Rivers To Cross

16 novembre 2025

Eddy Mitchell fait tourner la Vieille Fille

Sorti en 1969, "Spinning Wheel" est l'un des titres phares du second album éponyme de Blood, Sweat & Tears, marquant l'apogée du jazz-rock fusion. Avec son rythme entraînant, sa section de cuivres puissante, et son solo de trompette immédiatement reconnaissable, la chanson était une bombe.

Rédigées à la fin des années 60, en pleine ère psychédélique, les paroles de "Spinning Wheel" n'offrent pas un sens immédiatement "normal" ou terre-à-terre. Elles dégagent une atmosphère de confusion, de cycle incessant, d'une roue qui tourne sans fin.

Le mystère s'éclaire légèrement quand on se penche sur l'auteur et interprète, David Clayton-Thomas. On raconte qu'à l'époque, le chanteur était éperdument amoureux de la grande Joni Mitchell, mais que ses sentiments n'étaient pas partagés.

La chanson a été écrite alors qu'il traînait dans le quartier de Yorkville à Toronto, véritable épicentre bohème de la musique rock. Dans ce bouillon de culture et de créativité, il n'est pas difficile de supposer, comme beaucoup l'ont fait, qu'il y ait eu un usage occasionnel de "substances" qui ont pu colorer son écriture d'une teinte surréaliste.

Quoiqu'il en soit, cette chanson a propulsé le groupe vers la gloire. Ils seront l'une des têtes d'affiche du mythique festival de Woodstock en 1969. Chose étonnante, le groupe continue de se produire aujourd'hui, certes avec des membres remaniés au fil des décennies.

Dans l'adaptation française, la confusion psychédélique de la roue qui tourne est remplacée par une histoire bien plus terre-à-terre, ancrée dans le style narratif cynique et légèrement désabusé qu'affectionne Eddy Mitchell. "Vieille Fille" n'a rien à voir avec l'originale lyriquement parlant.

45T Eddy Mitchell - Vieille Fille (1969)

45T Eddy Mitchell - Vieille Fille (1969)

09 novembre 2025

La vidéo a tué le Corbeau Noir

Inutile de présenter "Video Killed the Radio Star" des Buggles, un tube de 1979 qui, ironiquement, est devenu la toute première vidéo diffusée sur MTV en 1981.

Commençons par une "curiosité" de la variété française, l'adaptation de Ringo en 1979, intitulée "Qui est ce grand corbeau noir". En effet, le texte original s'est transformé sous la plume d'Étienne Roda-Gil en un récit pour le moins... spatial. Ringo y incarne un voyageur de l'espace dont la fusée fuit, perdu dans la nuit, qui se demande qui est "ce grand corbeau noir" qu'il aperçoit de son hublot. Une version totalement déconnectée du sens initial, elle est franchement loufoque !

Plus intéressant, le groupe Matmatah s'est approprié le titre en compagnie de la chanteuse belge Beverly Jo Scott. Le résultat est merveilleux : l'énergie rock des Bretons se marie parfaitement avec la voix de Beverly Jo Scott.

Cap sur l'Italie avec deux reprises aux styles très différents :

Gennaro Cosmo Parlato : Ce ténor italien propose une version très théâtrale, insérée dans son album Remainders (2006).

Les Chats Noirs : Ce groupe de Jazz Manouche italien revisite la chanson avec une touche très française ! Ils offrent un mix entre l'anglais et le français.

Enfin, terminons notre voyage en douceur avec le groupe Pink Turtle. Habitués à retravailler des tubes pop et rock en version rétro, ils transforment "Video Killed the Radio Star" en une balade jazzy .

Si vous êtes un inconditionnel de "Video Killed the Radio Star", j'espère sincèrement que cette sélection saura satisfaire vos oreilles et faire changer d'avis les autres.

45T Ringo - Qui est ce grand corbeau Noir (1979)

45T Ringo - Qui est ce grand corbeau Noir (1979)

02 novembre 2025

Tout Seul ... Dans la Nuit Noire

L'Automne est désormais là. La saison des couleurs chaudes laisse place aux matinées brumeuses, à la nuit qui tombe de plus en plus tôt, ainsi que le ciel gris qui s'invite plus souvent dans nos têtes.

La chanson que je vous présente est "Tout seul" de Ronnie Bird sortie en 1964 sur son EP "L'amour nous rend fou". Cette dernière est l'adaptation d'un blues "Black Night" de Charles Brown paru en 1951. Cependant son adaptation s'inspire plus directement de la reprise rythmée et soul de Arthur Alexander, également sortie en 1964. Cependant aucune référence au titre d'origine n'est mentionnée sur le disque.

La version de Dr John (Disparu en 2019) s'écarte quelque peu du blues dénudé. Le voyageur de la nuit l'emporte vers les marécages de la Nouvelle Orléans avec une orchestration plus riche et une atmosphère vaudou-funk, prouvant la malléabilité de ce standard.

Bref un morceau parfait pour accompagner une tasse de café (ou thé) chaud devant la fenêtre embuée.

45T Ronnie Bird - Tout Seul (1964)

45T Ronnie Bird - Tout Seul (1964)