Gilbert O'Sullivan incarne à merveille l'insouciance et le charme du début des années 70. Sa chanson "Matrimony", sortie fin 1971, s’inscrit pour nous, francophones, typiquement dans ce registre léger. Pourtant, contrairement à ce que son rythme enjoué laisse présumer, le texte raconte les déboires d'un couple pressé de gagner l'église pour se marier, tout en réalisant qu'ils sont sans le sou et que la cérémonie s'annonce chaotique. Avec sa coupe au bol, sa casquette d'inspiration 1900 et son piano de style "bastringue", Gilbert O'Sullivan cultive une allure singulière qui confère au morceau son caractère bondissant.
Le contraste est frappant avec l'artiste qui l'adapte en français ! Antoine conserve en effet sa chevelure longue et son style hippie lorsqu'il interprète "Avant de dire oui" en 1972. Les paroles françaises, signées Boris Bergman, respectent le thème du mariage mais mettent l'accent sur l'hésitation et l'effervescence du moment fatidique.
Paradoxalement, cette chanson est devenue un standard incontournable des sorties d'église et des vins d'honneur durant les années 70. Si, dans les deux versions, le choix peut paraître légèrement ironique — voire d'un goût douteux au vu du texte — force est de constater que, comme le veut l'adage : « là où il y a de la gêne, il n'y a pas de plaisir ! »
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