Ce premier épisode est consacré à ces "Mamas" du rock qui sont passées à côté d'une gloire qui leur tendait pourtant les bras.
Big Mama Thornton, de son vrai nom Willie Mae Thornton, est l'une de ces pionnières du Rock'n'roll encore trop méconnue du grand public. Fin 1952, elle interprète un titre intitulé "Hound Dog" qu’elle finira par enregistrer en 1953. Le destin de Big Mama sera malheureusement le triste reflet de l'histoire de bien d'autres anges maudits du Rock et du Blues. Pour son enregistrement de "Hound Dog", elle ne percevra que 500 dollars. Malade et sans un sou, elle s'éteint en juillet 1984. Une consommation excessive d'alcool, débutée dans les années 70, lui fera perdre 160 kg avant de l'emporter. Cette même année, elle est intronisée au Blues Hall of Fame.
Dernière précision : elle est la compositrice et la première interprète de "Ball And Chain", probablement composé à la fin des années 50, même si l'enregistrement original demeure introuvable. C’est Janis Joplin qui se chargera, plus tard, de rendre ce titre légendaire.
Trop noire ? Trop grosse ? Manque de promotion ? Toujours est-il que "Hound Dog" ne connaîtra le succès planétaire qu'au moment où un jeune Blanc très "télégénique", qui "chante comme un Noir", enregistre la chanson. Il l'interprète pour la première fois à la télévision le 5 juin 1956 dans le Milton Berle Show. Cette diffusion, qui bat tous les records d'audience, fait scandale. Mais la machine est lancée. La légende veut qu'Elvis ait repris ce titre après avoir entendu la version de Freddie Bell & The Bellboys. Pour ma part, je préfère largement sa version de 1969 sur l'album "From Memphis to Vegas". Les puristes vont hurler !
Les versions de cette chanson se comptent par centaines ; je ne vous propose donc que celles que j'aime et qui figurent dans ma discothèque. Paradoxalement, malgré son succès, il n’existe aucune reprise française du titre avant 1977. Cette année-là, Lucky Blondo sort un album hommage intitulé "From Elvis to Nashville" sur lequel on retrouve "Un vieux chien de Chasse". Je me méfie de nos cousins "caribous" : il existe probablement une version québécoise du titre dont je n'ai pas trouvé trace. Vos commentaires apporteront peut-être des réponses.
Ce titre aurait pu convenir à Sylvie Vartan, mais les paroles étaient jugées trop subversives pour l'époque, même pour celle qui chantait pourtant "Je suis libre" en 1961. Pour l'anecdote, cette chanson est également à l'origine du transfert du contrat d'Elvis Presley de SUN vers la RCA, suite à un imbroglio juridique sur les droits d'auteur.
Enfin, je ne résiste pas à l'envie de vous proposer une "chanson-réponse". En 1953, Rufus Thomas enregistre une première version de "Bear Cat", mais je vous recommande plutôt sa version Stax de 1970.
Place à la musique... Je ne vous promets pas de courir après les chiens à en perdre haleine !
J'ai répertorié 2 autres versions québécoises de ce titre par Marcel Martel "mon amour du rock'n'roll" et Leo Benoit "vous ne connaissez pas ma blonde".Pascal
RépondreSupprimerMerci j'imaginais bien que tu apporterais des réponses. Il ne reste plus qu'à découvrir ces versions.
SupprimerPour la petite histoire, il faut savoir que les paroles de Hound Dog ont rapidement été remanié pour les chastes oreilles d’une plus large audience. En effet, la version originale dit: “You ain’t nothing but a hound dog / Been snoopin’ ‘round my door / You can wag your tail / But I ain’t gonna feed you no more” (Tu n’es rien qu’un chien de chasse / Furetant autour de ma porte / Tu peux remuer la queue / mais je ne te donnerai plus à manger). Ce qu’on peut prendre comme un sous-entendu libidineux sera gommé et deviendra: “You ain’t nothing but a hound dog / Crying all the time / You ain’t never caught a rabbit / You ain’t no friend of mine” (Tu n’es rien qu’un chien de chasse / Qui pleure tout le temps / Tu n’as jamais attrapé un lapin / Tu n’es pas mon ami).
RépondreSupprimerAinsi de nombreux autres artistes reprendront cette version édulcorée avec des covers plus ou moins bons ( du coup je conseille vivement de jeter une oreille sur la version punk rock garage de "Billy Childish et les Buff Medways"...) et permettront, encore aujourd'hui, de faire toujours bouger le chien.
Un grand merci pour ces précisions, j'avoue que les subtilités de la langue Américaines m'échappent largement. Des paroles jugées scabreuses, ajoutées aux déhanchés du King auraient pu être trop à supporter pour les mœurs américaines.
SupprimerJe découvre la version de Vigo le roi de la pomme de terre et j'avoue que je la trouve pas mal du tout, ma préférée reste celle d'Etta James, pour son côté "dépouillé" en plus de l'originale de Dame Thornton.
RépondreSupprimerIl y a en pour tous les gouts avec ce titre. Les versions de Thornton et Presley 69 restent mes préférés. La version de DEE DEE m'a agréablement surpris, toutefois.
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