On a coutume de ranger les Compagnons de la Chanson dans le rayon des souvenirs en noir et blanc, entre les chemises blanches impeccables et les harmonies vocales millimétrées. Pourtant, à y regarder de plus près, n'étaient-ils pas les infiltrés les plus audacieux de la scène Rock française ?
La véritable "Grande Escroquerie du Rock’n’Roll" ne s’est peut-être pas jouée à Londres avec les Sex Pistols, mais dans les studios français au milieu des années 70. En 1975, le Glitter Band, la machine de guerre rythmique derrière du sulfureux Gary Glitter, sort "People Like You, People Like Me". C’est du pur Glam Rock : une rythmique binaire lourde, une efficacité pop redoutable et une esthétique de l'excès.
Contre toute attente, c’est notre "French Group" national qui s’empare du titre en 1976. Sous la plume de Jean Broussolle, le morceau devient "S’il y en a pour deux".
Des Yardbirds au Glitter Band : Un flair infaillible, car ce n'était pas un coup d'essai. Les Compagnons avaient cette capacité presque insolente à "adapter" le Rock anglo-saxon pour le servir à la sauce française :
- Ils ont dompté les Yardbirds (Still i'm sad).
- Ils ont magnifié les Moody Blues (Melancholy Man).
- Ils ont fini par s'attaquer au Glitter Band.
Si le Glam Rock était un retour aux sources du Rock épuré, direct, mais emballé dans des costumes extravagants, les Compagnons n'étaient finalement pas si éloignés du concept. Leur costume à eux, c'était l'uniformité parfaite ; leur "show", c'était une chorégraphie vocale aussi réglée qu'un concert de Queen.
La Grande escroquerie du Rock' n' Roll n'est ce pas certains groupes de Glam Rock qui fleurissaient au milieu des années 70 ? A quand un chapitre sur ce groupe, dans les encyclopédies du Rock en France ?










